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Faire fermer un faux site : la procédure de takedown

Mis à jour le 23 août 2026 · LegalBrandGuard

Réponse rapide

Le takedown consiste à notifier le bureau d’enregistrement et l’hébergeur d’un domaine frauduleux pour en obtenir la suspension. C’est aujourd’hui la voie la plus rapide et la moins coûteuse contre un faux site : quelques jours contre environ trois mois pour une procédure UDRP, et sans frais d’arbitrage.

Ce qu’est réellement un takedown

Un takedown n’est pas une procédure judiciaire. C’est une notification adressée aux intermédiaires techniques qui rendent le site accessible : le bureau d’enregistrement du nom de domaine, et l’hébergeur du contenu. Chacun dispose de moyens d’action que vous n’avez pas — suspendre le domaine, couper le serveur — et d’obligations qui l’incitent à les employer.

Le résultat recherché est le passage du domaine en statut clientHold. Le domaine reste enregistré au nom du fraudeur, mais cesse de fonctionner : ni site web, ni messagerie. C’est le gel administratif que prononce le registrar lorsqu’il constate un usage abusif.

Pourquoi pas une procédure UDRP ?

L’UDRP est la procédure d’arbitrage historique en matière de noms de domaine. Elle reste pertinente pour récupérer un domaine que l’on veut exploiter, mais elle est mal adaptée aux fausses boutiques, pour trois raisons.

CritèreTakedownUDRP
DélaiQuelques joursEnviron trois mois
CoûtNul à faibleFrais d’arbitrage + conseil
Nom de domaine sans la marqueTraité — le fondement est le contenuInopérant — le fondement est le nom
RésultatSuspension du domaineTransfert ou annulation

Comparaison détaillée, avec les cas où chaque voie l’emporte : takedown ou UDRP, que choisir ?

Le troisième point est décisif. Les réseaux de fausses boutiques utilisent délibérément des noms de domaine génériques, sans référence à la marque copiée, précisément pour échapper à l’UDRP. Un domaine comme cyclingwear-shop.com affichant une marque française échappe à l’arbitrage, mais reste attaquable par notification.

Les quatre leviers, à actionner ensemble

Un takedown efficace n’est pas une action mais quatre, menées en parallèle. Chacune a un délai et un taux de réussite propres.

LevierEffetDélai constaté
Bureau d’enregistrementSuspension du domaine (clientHold)48 h à plusieurs semaines
Hébergeur ou CDNRetrait du contenuQuelques jours
Navigateurs (Safe Browsing, SmartScreen)Écran d’avertissement rouge, trafic coupé24 à 72 h
Régies publicitairesArrêt des annonces produitsVariable

Les signalements aux navigateurs sont souvent négligés alors qu’ils produisent l’effet le plus rapide. Un site marqué comme dangereux par Google Safe Browsing perd l’essentiel de son trafic en quelques heures, bien avant que le domaine ne soit suspendu.

Approfondir chaque étape

Chacune de ces étapes a ses pièges. Les guides ci-dessous les détaillent, avec les cas réels que nous avons rencontrés.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire fermer un faux site ?+
C'est très variable. Nous avons obtenu une suspension en 48 heures auprès d'un registrar hongkongais, et attendons toujours pour un autre domaine chez un registrar américain. Les signalements aux navigateurs, eux, agissent en général sous 24 à 72 heures et coupent le trafic bien avant la suspension du domaine.
Faut-il un avocat pour faire un takedown ?+
Non. La notification au bureau d'enregistrement est une démarche administrative, pas judiciaire : le titulaire de la marque peut l'adresser lui-même. Un conseil devient utile en cas de contentieux, de récidive organisée ou si le fraudeur conteste.
Le takedown fonctionne-t-il si le site est derrière Cloudflare ?+
Oui, mais différemment. Cloudflare masque l'adresse IP du serveur d'origine : on ne peut donc pas remonter directement à l'hébergeur. Il faut passer par le formulaire abuse de Cloudflare, qui transmet la plainte à l'hébergeur réel, et notifier en parallèle le bureau d'enregistrement du domaine.
Que faire si le registrar ne répond pas ?+
Renvoyer la même notification en relance après cinq à sept jours, puis saisir le registre de l'extension concernée, qui est au-dessus du registrar. En dernier recours, ICANN Compliance traite les manquements à l'article 3.18 du contrat d'accréditation — une procédure publique que les registrars préfèrent éviter.
Faut-il avoir déposé sa marque pour agir ?+
En pratique, oui. C'est le titre de marque qui fonde la demande : sans dépôt à l'INPI, à l'EUIPO ou dans un office équivalent, un registrar n'a aucun élément objectif pour trancher entre deux prétendants et classera la demande.

Sources